États des lieux

École et cinéma – Maternelle – Année scolaire 2016/2017

Un vrai succès !

État des lieux à la rentrée scolaire 2017/2018

Le jeune dispositif destiné aux élèves de l’école maternelle (cycle 1) s’est beaucoup développé au cours des trois dernières années. En 2017/2018, il a concerné 27 départements, 268 salles de cinéma associées, 1 261 écoles, 2 885 classes et 69 840 élèves, 581 communes et a généré 141 725 entrées.
Le nombre d’élèves de maternelle représente 7% des effectifs globaux d’École et cinéma.

On note que la participation est importante, que les départements entrant démarrent avec des effectifs assez élevés. Il n’y a pas un fort différentiel entre le nombre de salles participant à École et cinéma – cycles 2 et 3 et celui participant à École et cinéma – Maternelle (sauf pour le Val-de-Marne qui limite volontairement).

La proportion de Petites Sections (28%) est légèrement inférieure à celle des Moyennes Sections (34%) et Grandes Sections (38%). Le dispositif semble donc répondre aussi aux attentes des enseignants de petite section.

Programmation
Les coordinateurs ont la possibilité de choisir un troisième film hors du catalogue national, cette alternative a été étudiée pour permettre à la coordination nationale de repérer des programmes intéressants et pour offrir aux festivals partenaires l’option de proposer des programmes de films non distribués.
2 départements se sont emparés de cette possibilité : le Val-de-Marne a programmé La Petite Musique des bruits dans le cadre du partenariat avec le festival Ciné-Junior et le Val-d’Oise a proposé Ma tête dans les étoiles dans le cadre du festival Images par Images.
Les autres départements ont proposé un film du catalogue École et cinéma : Kirikou et la sorcière, Princes et princesses, Le Cirque, Le Roi et l’Oiseau, Princess Bride, etc.
Trois départements n’ont pas programmé de 3e film pour les MS/GS. Il s’agit d’une erreur d’interprétation du cahier des charges national qui défend pourtant la nécessité de voir 3 films (au moins pour les GS) afin d’inscrire le dispositif dans un parcours pédagogique. Depuis l’origine, les classes inscrites à École et cinéma voient trois films et les GS qui ont longtemps fait partie du cycle 2, n’ont jamais dérogé à cette règle.

Inspiration de Karel Zeman

Globalement, les films ont été bien reçus par les élèves et les enseignants. Un film de liaison comme Le Cirque a conquis même les PS. Les enseignants de Seine-et-Marne ont trouvé le programme de Karel Zeman « vieillot » mais cette remarque n’a pas été confirmée du côté des élèves qui ont manifestement été enthousiastes.
À noter qu’un département n’a pas souhaité poursuivre l’expérimentation à la rentrée 2017. Les arguments de cette coordination départementale concernent essentiellement la programmation. Après consultation, il a été découvert que les enseignants n’avaient pas pu bénéficier de formation, ce qui est contre-productif : les enseignants non préparés à une séance de cinéma telle qu’elle est défendue dans le cahier des charges national ne peut pas se dérouler dans les meilleures conditions.

Prolongements en classe

Forte mobilisation des enseignants, après les séances, pour mettre en œuvre des activités en classe. Beaucoup de productions plastiques : dessins, fabrication de personnages en tissus, création de cartes postales, création d’affiches, etc.

Les liaisons avec la littérature jeunesse, impulsées par la coordination nationale, ont été développées dans l’Aveyron, le Cher, l’Indre-et-Loire. Pour ces deux derniers départements, le partenaire régional CICLIC a organisé et financé des formations destinées aux enseignants privilégiant cet axe. Il a également financé des ateliers dans les classes.

Dans la salle de cinéma
Toutes les coordinations (excepté un département) s’accordent à penser que le déroulement de la séance de cinéma doit être présentée aux jeunes enfants et que l’accueil réservé à ce public est très singulier. Une attention est donc toujours portée à la jauge de la salle, à la présentation de l’écran, du projecteur, de l’éclairage, etc. Le programme de films est également présenté. Le Pas-de-Calais a élaboré un document qui rappelle les fondamentaux de l’accueil des élèves aux exploitants. La Savoie réfléchit à un document de ce type. Écrans VO a engagé des médiateurs pour présenter les séances dans deux salles du réseau. Dans l’Aveyron, la plupart des exploitants présentent la salle et proposent des visites de cabine.

Des pauses peuvent survenir lors des séances : les lumières sont parfois rallumées entre chaque court métrage. Cette option, suggérée dans le cahier des charges national, permet de rassurer les enfants en rythmant la séance. Les jeunes spectateurs différencient plus facilement les films quand des pauses de cet ordre sont marquées. Des tentatives de ce type ont été effectuées dans le Cher mais n’ont pas convaincu les enseignants qui ont préféré revenir à un déroulement de séances plus classique. En Seine-et-Marne, la projection du premier film du programme de la première séance s’est faite avec la lumière (50% du taux d’éclairage).
Des échanges sont aussi enclenchés juste après la séance pour recueillir les impressions à chaud et faire circuler la parole. Dans le Val-de-Marne, les exploitants sont très partisans de cette technique d’expression.

La formation des enseignants
Tous les départements proposent des formations, excepté l’Yonne qui s’est engagé pour l’année à venir à en organiser (rendez-vous pris pour le 7 novembre !).
A minima, les enseignants voient les films avant les séances scolaires grâce aux prévisionnements.
Des formations plus généralistes sont mises en œuvre comme par exemple en Région Centre en partenariat avec CICLIC, en Seine-et-Marne (conférence d’Anne Charvin), ou en Savoie (2 jours au Plan de formation académique).

Évidemment la durée des programmes favorise l’organisation de prévisionnements groupés (dans le Val-de-Marne par exemple), mais au vu des intitulés des contenus de formation, il semblerait que les coordinateurs prennent conscience de l’enjeu pédagogique que représente la sensibilisation du très jeune public au cinéma. Leur engagement est manifeste et semble même insuffler un courant d’optimisme pour mettre en place des formations pour les cycles 2 et 3.

À noter que le nom de Marielle Bernaudeau (lafilledecorinthe.com) revient souvent et qu’elle a été beaucoup associée, au moins à trois reprises, à des contenus de formation en lien avec la littérature jeunesse.

Les outils nationaux
Le site national est connu des coordinateurs, nous insistons beaucoup en début d’année scolaire pour qu’ils mentionnent son existence dans les documents de communication en direction des enseignants.

Au final, les coordinateurs jouent le jeu et présentent le site mais ils peuvent difficilement nous faire un retour sur ses usages.

La Gironde, qui a réalisé une enquête départementale, signale que 65% des enseignants le consultent.
La Vienne regrette qu’un lien ne soit pas fait avec NANOUK.

Hen hop de Norman McLaren

Les initiatives départementales
Plusieurs initiatives remarquables :

  • CICLIC a financé la création de malles de livres s’inspirant des listes d’albums figurant sur le site national. Ces malles ont circulé dans plusieurs classes du Cher et de l’Indre-et-Loire.
  • l’OCCE 73 a constitué une mallette d’albums.
  • La Creuse a développé un travail local avec le Centre de littérature Jeunesse.
  • Dans l’Aveyron, un travail a été développé avec les médiathèques pour acquérir un fond de livres.
  • Dans l’Indre-et-Loire : 2 ateliers de réalisations de films en ombres chinoises avec une artiste en résidence avec l’association Livre passerelle et CICLIC : 2 classes maternelle, 1 rurale et 1 dans l’agglomération.
  • Dans la Vienne : Un atelier de réalisation a été mis en œuvre avec une classe de GS suite à la projection du programme Jeux d’images. Accompagnés par l’artiste Otto T., les élèves ont réalisé un film 16 mm en dessin et grattage sur pellicule qui s’appelle Spectacle multicolore. Des ateliers de sensibilisation sur le principe du mouvement aux images ont été menés en amont.
  • Dans le Val-de-Marne : Un atelier de sensibilisation à l’importance du son dans les films d’animation a été mis en place dans les 10 salles du dispositif après la projection du programme La petite musique des bruits en reprenant tout particulièrement un extrait du court métrage Balade de Betty Bone.
  • Dans le Val-d’Oise : Certaines classes inscrites on pu rencontrer la réalisatrice de cinéma d’animation Haruna Kishi dans le cadre du festival Image par Image.

Il faut souligner la qualité de toutes ces initiatives et apprécier la place importante qu’occupent les liens avec les albums jeunesse.

Les suggestions des coordinateurs
Tous les coordinateurs, à l’exception d’une personne, pensent qu’il est primordial de sensibiliser les petites sections au cinéma dans les salles. En résumé, ils insistent sur l’accompagnement de ces séances et sont prêts à passer du temps avec les exploitants pour les sensibiliser à la singularité de l’accueil de ces très jeunes spectateurs. Par ailleurs, ils écrivent souvent que les petits enfants sont exposés à toutes sortes d’écrans dès le plus jeune âge et qu’une sensibilisation au cinéma est un contrepoint très stimulant.
Comme en témoigne le coordinateur de Haute-Savoie : « Je pense que les petites sections doivent participer au dispositif. Les enfants sont entourés d’écrans. Il ne s’agit ici pas d’en rajouter à tout prix mais plutôt de proposer, dès le plus jeune âge, une éducation à l’image. C’est devenu incontournable. »

Les coordinateurs plébiscitent l’accès aux films Burlesque pour les tout-petits. Le programme Le Temps qu’il fait, conçu par Les enfants de cinéma avec l’Agence du Court métrage a rencontré, cette année encore, un grand succès.
Ils mettent aussi l’accent sur l’axe transversal de l’éducation artistique au cinéma. Les enseignants peuvent s’emparer des propositions d’accompagnement nationales mais aussi départementales pour décloisonner les disciplines.
Enfin, l’engouement des enseignants pour les approches plastiques et manuelles encourage les coordinateurs à développer la sensibilisation au cinéma dès le plus jeune âge.

La Maison démontable de Buster Keaton

Un petit bémol : peu de coordinateurs insistent sur l’expression des émotions des jeunes spectateurs, espérons que les enseignants ne s’en privent pas !

En conclusion
Au seuil de cette 4ème année d’expérimentation, l’évaluation est très positive et souligne la forte implication de tous les partenaires. Les enseignants bénéficient de formations et de prévisionnements et les initiatives des coordinateurs départementaux se multiplient. Il faut noter également le soutien financier des DRAC Centre et Île-de-France, qui permet la mise en place de projets singuliers (ateliers en classe, circulation de malles de lecture).

Cet élargissement du dispositif aux maternelles semble redonner une dynamique à École et cinéma, un nouveau souffle.

Au niveau national, la création d’un comité éditorial est venue soutenir la réflexion et le travail de l’équipe permanente. Composé de quelques administrateurs volontaires, il propose de nouveaux films pour enrichir le catalogue. Ces choix sont ensuite validés par le Conseil d’Administration (dans l’attente d’une instance nationale).

Forts de ce bilan, nous appelons de nos vœux que cette expérimentation puisse être officialisée, afin de poursuivre ce travail avec les moyens qui lui sont nécessaires.

 

Pour aller plus loin :
Le dispositif
Les films
La formation