Rencontres Nationales - Les Actes 2010 - La Roche-sur-Yon

Ici une présentation générale des rencontres nationales et actes. Une explication du principe d’archive (la barre latérale). Texte de présetnation et mission des documents. A vous de voir. Ensuite, sur cette page « généraliste » la présentation de la dernière rencontre strucurée comme la page des archives.

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Les Actes 2010 : La Roche-sur-Yon

A écouter

Conférence

Conférence de Daniel Deshays : « La part sonore du cinéma ».
Rencontre nationale École et cinéma, Angoulême, octobre 2009.

Le merveilleux

« Le merveilleux à travers des œuvres du catalogue École et cinéma » de Carole Desbarats

 

Réflexion

Rencontre avec Marc Olry de LOST FILMS
Rencontre « École et cinéma » de la Roche-sur-Yon –
mercredi 13 octobre 2011

Eugène Andréanszky :
Je vous présente Marc Olry, le distributeur du film Du silence et des ombres, film sur lequel s’interroge l’Instance nationale de concertation d’École et cinéma pour savoir s’il peut intégrer notre catalogue national. C’est un film que je ne connaissais pas et pour lequel j’ai eu un vrai coup de cœur. Il nous semblait important aux Enfants de cinéma de vous le faire découvrir.

Marc Olry :
Ce que vient de dire Eugène me touche particulièrement parce qu’en tant que passionné de cinéma, faire découvrir ce film au plus large public possible est exactement ce que j’ai envie de faire.
Lost film existe depuis Janvier 2009. Du silence et des ombres n’est que ma deuxième sortie. Avant je participais à la vie d’une autre société de distribution qui faisait du répertoire, des reprises, et j’avais ce film en tête depuis trois ans. Je l’avais vu, j’avais envie de le défendre et le sortir mais cela n’a alors pas pu se faire. Puis je suis parti créer ma propre société. Heureusement pour moi, le premier film que j’ai sorti l’année dernière La Rumeur de William Wyler a suffisamment marché et me permet d’investir dans ce deuxième film. Je pense que je fonctionnerai ainsi à l’avenir, au coup par coup. Ma société est une aventure très familiale, dans le fonctionnement, le capital, que j’anime au quotidien tout seul. Mais je ne vis pas de mon activité de distribution, je suis par ailleurs accessoiriste et je travaille sur les tournages. Le cinéma est un peu ma vie 24h sur 24h. Cela est difficile d’allier le métier de distributeur et d’accessoiriste, comme une double vie : lorsque l’on est sur un tournage toute la journée, on ne peut pas forcément répondre aux salles, aux demandes, or sortir un film demande beaucoup de temps et j’ai envie de bien faire les choses.
Je n’ai rien contre les auteurs officiels tels Bergman ou Fritz Lang, ni contre les classiques reconnus, Casablanca ou La mort aux trousses, mais l’idée de LOST FILMS est d’abord de proposer des films que l’on n’a pas l’habitude de voir. Au quotidien, je suis un spectateur de 41 ans, et j’aime convaincre mes amis, ma famille d’aller voir tel ou tel film au cinéma. C’est exactement ce que j’ai envie de faire quand je suis distributeur. J’avais envie de trouver un bon film, un film qui me plaise, de pouvoir l’accompagner, de travailler en amont sur sa sortie à travers un visuel nouveau, un dossier de presse. J’ai mis la main sur ce film un peu par hasard. Comme un cinéphile un peu tout bête qui s’amuse à lire les lauréats des Oscars, j’ai vu « Grégory Peck meilleur acteur 1963 pour Du silence et des ombres ». Le titre original est d’ailleurs To Kill a Mockingbird et ces deux titres ont chacun une résonance même s’ils ne veulent pas dire la même chose. Peu connu pour le spectateur français, ce film évoque beaucoup de choses dans la culture américaine et anglo-saxonne. Il est l’adaptation d’un roman d’Harper Lee To Kill a Mockingbird (traduction littérale : « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur »), un best seller sorti au début des années 60 que l’on fait lire aux enfants dès le plus jeune âge et que chaque américain connaît. Le personnage Atticus Finch joué par Grégory Peck ou encore le personnage de sa fille Scout sont des personnages ancrés dans la culture américaine, comme pour nous Jean Valjean par exemple. Et les Etats Unis ont gardé ce côté très affectif dans leur rapport à ce roman : en référence à lui, des américains décident de faire du droit ou d’appeler leur fille Scout !

Pour préparer la sortie du film, j’ai essayé de lui donner un maximum de visibilité, un dossier déposé pour l’aide à la distribution au CNC, j’ai travaillé avec l’ADRC, avec l’AFCAE qui m’a proposé récemment de le labelliser « jeune public ». Le film est sorti le 7 Juillet sur trois copies dont une copie ADRC. Celle d’aujourd’hui vient de finir une circulation en région Poitou-Charentes avec le CLAP. La copie de ce soir est celle de sa sortie au Grand Action à Paris. J’espère qu’elle sera encore en bon état.
Donc je me posais déjà cette question du jeune public quand au mois de juillet Eugène m’a contacté pour me faire part de son intérêt pour le film.
C’est vrai que je suis un jeune distributeur et pour faire exister le projet, ne pouvant pas me payer des partenariats avec les médias, j’avais commencé à contacter le Livre de poche. Un petit partenariat sous forme d’échanges de logo et de romans a été mis en place. Ainsi j’ai pu distribuer aux journalistes et exploitants le roman. Sur certains romans dont celui-ci, le Livre de poche a des livrets pédagogiques à destination des enseignants permettant de débattre avec les élèves. Ces livrets m’ont beaucoup aidé à l’élaboration du projet de sortie du film sur les écrans, le film étant très fidèle au roman. Je vous invite d’ailleurs à le lire si vous êtes séduits par le film, car vous allez y retrouver tout ce que vous avez aimé dans le film.

Au moment de travailler sur le visuel de l’affiche, malgré la présence de Gregory Peck, j’ai toujours pris le parti de ne pas le faire apparaître et de ne montrer que les enfants. Cela peut paraître suicidaire d’un point de vue commercial mais pour moi ce sont les enfants les héros du film. Après si vous faites la comparaison entre le livre et le film, vous vous rendrez compte qu’une part importante est donnée à la plaidoirie de l’avocat joué par Gregory Peck lors du procès final. Mais pour moi cette première heure, faite avec, à hauteur et à travers les yeux des enfants est vraiment magnifique.
Je ne connais pas encore bien les dispositifs scolaires, mais j’ai bien conscience que sans vous, nombre d’entre nous auraient beaucoup plus de mal à survivre. J’espère que le film vous plaira, bonne projection.

En complément : consultez le dossier consacré au film de Robert Mulligan
et au roman d’Harper Lee
Les Carnets du loir n°9